Ci-dessus, de gauche à droite:

rangée du haut: instruments traditionnels:
Sanza des Pygmées du Cameroun, Likembe des Kongo du Congo (ex-Zaïre), Mbira Dzavadzimu des Shona du Zimbabwe (ex-Rhodésie).
rangée du bas: instruments de ma fabrication:
Likembe13 Alto electro-acoustique accordée sur une gamme de Tanzanie, Likembe17 Tenor electro-acoustique accordée sur la gamme Lotus, Sanzadrum17 Alto accordée aussi sur la gamme Lotus.
Ce sont trois de mes modèles les plus complexes au printemps 2017.

Un peu d’histoire :

La kalimba est un instrument de la famille des idiophones (percussions), et de la sous-famille des lamellophones. Chaque lamelle produit une note différente.

Kalimba est le nom retenu dans les pays occidentaux pour parler du piano à pouce, plus communément appelé Sanza en Afrique.
Ce type d’instruments est né uniquement en Afrique centrale et australe, où il est encore très répandu.

Son invention a deux berceaux : le premier proviendrait de plusieurs ethnies Pygmées du Cameroun et du Congo aux alentours de 1000 avant J.C. qui fabriquaient dans le bassin du Kongo le Likembe dans des lamelles de bambou refendu. Le deuxième viendrait du peuple Bantou d’Ouganda aux alentours de 700 après J.C. qui fabriquait ses Lukeme dans des blocs de bois évidés sur lesquels étaient tendues des lamelles de fer forgé. Les deux racines se sont sans doute côtoyées, puis se sont rejointe. A l’heure actuelle, on peut dire que chaque pays d’Afrique qui se situe sous l’équateur possède une variante de l’instrument.

Appelée donc kalimba ou karimba, lukeme en Ouganda et en Afrique du sud, likembe, sanza, ou encore senza au Cameroun et au Congo, kempf orospu en Centrafrique, budongo, mbila, mbira au Zimbabwe où elle est très répandue, mangambeu, kondi au Sierra Leone, Quissange en Angola, Chilimba ou Limba en Tanzanie, Gongoma en Guinée, Bongo au Sénégal… Disons que le seul point commun de toutes ces variantes est d’avoir des lamelles fixées à une extrémité et vibrantes à l’autre extrémité, de la même manière qu’une guimbarde ou qu’une boîte à musique, et actionnée par les doigts. L’instrument est classé dans la famille des idiophones (percussions) et dans la sous-famille des lamellophones. Il faut savoir que son origine est uniquement Africaine, mais l’instrument se rencontre aussi en Amérique latine, où les esclaves l’ont emporté. À Cuba, il existe une variante appelée marimbula. C’est une version basse de la kalimba. On s’assied dessus comme sur un Cajon et on actionne quelques grosses lames pour produire les lignes de basse.

Il est à noter que chaque pays utilise des techniques de fabrication assez différentes, et que les facteurs de Sanza n’apportent que très peu de changements aux techniques de fabrication et aux matériaux utilisés de façon traditionnelle depuis des siècles.
La sonorisation des instruments existe depuis longtemps en Afrique, avec des dispositifs appliqués souvent après la fabrication, par besoin de rendre l’instrument plus polyvalent.
Le système le plus simple et le plus couramment employé consiste en un micro Piezocéramique collé à l’arrière de la table d’harmonie pour les Mbiras pleines, ou à l’avant pour les sanzas d’autres provenances.
Pour ma part j’assemble moi-même mes microphones et peux sonoriser n’importe quel instrument existant, qu’il soit traditionnel ou industriel.
Cependant pour certains types de lamellophones basses (Gongoma, Bongo, Marimbula) ou à lames sympathiques (les grandes limbas de Tanzanie, en l’occurrence) il convient de placer un microphone sur pied au plus près de l’ouie afin d’avoir une meilleure restitution du spectre sonore, d’autant plus lorsqu’il y a une membrane résonante.

Souvent associée aux conteurs et aux griots, la kalimba serait dans la mythologie Bantoue l’objet que Dieu utilisa pour la Création ! chez les Shona du Zimbabwe, la Mbira est l’instrument de transe par excellence, utilisé par les médiums pour communiquer avec les morts. Dans tous les cas, l’instrument est employé à des fins rythmiques, où de petits motifs redondants mènent à une musique répétitive servant de base à la danse et au chant. En occident, l’instrument est employé en musique méditative, plus lente, composée d’accords et de mélodies.

déclinaisons de l’instrument en Ouganda :
Résonateurs « bagues » enroulés autour de chaque lame pour certains,
chaînette librement posée sur la partie fixe des lames pour d’autres,
tige entourée de bagues pour d’autres…

déclinaisons de M’biras Dzavadzimu du Zimbabwe:
Résonateurs en capsules forgées/trempées vibrant
librement sur une tôle légèrement surélevée pour certains,
tige entourée de bagues pour d’autres…

une déclinaison de Sanza du Congo, ou Likembe
Ici aucun résonateur, mais traditionnellement,
résonateurs « bagues » enroulés autour de chaque lame.

une déclinaison de la Limba de Tanzanie:
résonateurs bagues, lames sympathiques et 2 résonateurs « membrane » en toile d’araignée obturant des ouies.

une déclinaison du Kankobela de Zambie:
résonateur membrane en toile plastique placé au dessus d’un récipient (boîte de conserve, gourde ou noix de coco), c’est le principe des résonateurs de Balafons et Marimbas traditionnels.